Le 28 avril 2026, date butoir fixée à l’issue des négociations de Montreux entre les parties prenantes à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, est passée sans qu’aucune libération de détenus n’ait été enregistrée, ni du côté de l’AFC/M23, ni du côté du gouvernement congolais.
Alors que ces discussions avaient suscité un réel espoir parmi les familles des détenus et au sein de l’opinion publique, aucun geste concret n’a finalement été posé à l’échéance convenue.
Cette situation relance les interrogations sur la volonté réelle des parties à appliquer les engagements pris autour de la table des négociations.
Selon les données issues des pourparlers, trois cent onze (311) personnes seraient détenues par la rébellion de l’AFC/M23, tandis que cent soixante-six (166) autres se trouveraient entre les mains des autorités gouvernementales congolaises.
Les listes nominatives auraient déjà été établies, les protocoles validés et un facilitateur officiellement désigné pour superviser le processus de libération réciproque.
Malgré ce cadre présenté comme prêt à être exécuté, aucune opération n’a été observée jusqu’à présent. Ni transfert de prisonniers, ni remise symbolique, ni communication officielle détaillée n’ont été annoncés par les deux camps. Ce silence nourrit désormais la frustration des familles concernées ainsi que les inquiétudes des organisations engagées pour la paix.
Pour plusieurs observateurs, ce blocage pourrait traduire des divergences persistantes sur les modalités pratiques de mise en œuvre, notamment les garanties sécuritaires, les lieux de remise, la vérification des identités ou encore le calendrier d’exécution.
D’autres y voient un manque de confiance mutuelle entre les protagonistes malgré les engagements pris à Montreux.
Dans les zones affectées par le conflit, cette absence de progrès est perçue comme un signal négatif. Beaucoup espéraient que la libération des détenus constituerait un premier pas vers des mesures de décrispation plus larges, capables de renforcer le dialogue politique et de réduire les tensions militaires dans l’Est du pays.
Les familles des personnes concernées, elles, restent suspendues à une décision qui tarde à venir. Pour elles, chaque jour supplémentaire sans avancée prolonge l’angoisse, l’incertitude et la souffrance.
Certaines organisations de défense des droits humains appellent déjà les parties à respecter leurs engagements et à privilégier les mesures humanitaires indépendamment des calculs politiques.
Alors que la date du 28 avril est désormais dépassée, tous les regards se tournent vers les médiateurs et les facilitateurs du processus, appelés à relancer rapidement les mécanismes convenus à Montreux afin d’éviter que cet engagement ne devienne une promesse sans suite
Lubunga lavoix
