Le Bureau d’Études Scientifiques et Techniques (BEST), en collaboration avec l’International Peace Information Service (IPIS), a organisé du 30 avril au 1er mai 2026 à Fizi-Centre, une importante activité de restitution des résultats de l’analyse participative des conflits et la cartographie des sites miniers dans la zone minière du secteur de Mutambala, en territoire de Fizi, province du Sud-Kivu.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet “Madini kwa Amani na Maendeleo” (Les minerais pour la paix et le développement), avec pour objectif principal de favoriser l’appropriation des résultats de la cartographie et de l’analyse des conflits par les structures multi-acteurs, les autorités locales ainsi que les communautés concernées.
À travers cet atelier, les organisateurs ont voulu également valider et enrichir les données collectées sur le terrain, afin de garantir leur pertinence et leur conformité aux réalités locales.
Des objectifs clairs pour consolider la paix dans les zones minières
Durant ces deux journées de travaux, plusieurs objectifs spécifiques ont été poursuivis, notamment :
Présenter les résultats de la cartographie et de l’analyse des conflits aux structures locales de gouvernance, aux autorités administratives et aux délégués communautaires ;
Obtenir un consensus formel des participants sur l’exactitude des dynamiques conflictuelles identifiées dans le secteur de Mutambala et le groupement de Basimukuma-Sud ;
Collecter des informations complémentaires et actualiser les données existantes, notamment sur les conflits émergents ou insuffisamment documentés ;
Définir des pistes de solutions locales ainsi que des priorités d’intervention pour le suivi et la résolution durable des conflits recensés.
Des échanges autour des causes profondes des conflits
Placée sous le thème de la présentation et restitution des données, l’activité a permis aux participants d’échanger sur plusieurs aspects essentiels, notamment :
Les résultats de la recherche menée sur terrain ;
La méthodologie utilisée pour la collecte des données ;
La présentation visuelle de la cartographie ;
La typologie des conflits identifiés dans les zones minières.
Les discussions ont aussi porté sur la validation communautaire des résultats, en confrontant les constats de l’étude avec le vécu réel des acteurs locaux.
Les participants ont également analysé les responsabilités des différents intervenants, tout en distinguant les causes profondes des conflits des facteurs déclencheurs immédiats.

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Une forte implication des acteurs publics et privés
Plusieurs acteurs clés du secteur minier et sécuritaire ont pris part à cette activité. Il s’agit notamment des représentants des forces de sécurité, dont la PNC, les FARDC et l’ANR, des réservistes,des services étatiques spécialisés comme le SAEMAPE et la Division des Mines, ainsi que du chef de secteur et des chefs des villages concernés.
Leur présence a été jugée indispensable, compte tenu du rôle central qu’ils jouent dans la gestion des ressources minières et dans la stabilisation de la zone.
Le secteur privé n’a pas été en reste. La Fédération des Entreprises du Congo (FEC), section mines, les représentants des coopératives minières, les négociants ainsi que les creuseurs artisanaux ont également participé aux assises.
Ces derniers constituent des acteurs majeurs du circuit minier local, bien qu’ils soient parfois impliqués dans certaines tensions liées à l’exploitation des minerais.
Méthodologie participative
Pour assurer une large participation, plusieurs approches ont été utilisées, notamment :
Des présentations en plénière avec supports visuels accessibles ;
Des travaux en groupes de discussion ;
Des séances de brainstorming dirigé pour identifier les conflits oubliés ou récemment apparus ;
Des restitutions collectives suivies de débats ouverts ;
La formulation de recommandations concrètes.
Une deuxième phase du projet à Fizi
Il convient de signaler que le projet “Madini kwa Amani na Maendeleo” est actuellement dans sa deuxième phase d’intervention en territoire de Fizi, après une première phase menée entre décembre 2019 et décembre 2023, avec la même mission de promotion de la paix, de la bonne gouvernance minière et du développement communautaire.
