Fizi, Sud-Kivu – La société civile du secteur de Mutambala tire la sonnette d’alarme face à la détérioration inquiétante des eaux de la rivière Mutambala, principale source d’approvisionnement en eau pour plusieurs villages du territoire de Fizi.
Cette situation est attribuée aux activités d’exploitation artisanale de l’or menées dans le village de Mukera, situé dans le groupement de Basimukuma Sud, au sein du secteur de Mutambala.
Selon Emedi Kahongo, président des Forces Vives du secteur de Mutambala, les travaux miniers en cours ont profondément affecté la qualité de l’eau de la rivière. Jadis claire et utilisée quotidiennement par les populations locales pour les besoins domestiques, l’eau présente aujourd’hui une coloration brunâtre et une forte turbidité, semblable à de la boue.
« Nous sommes profondément préoccupés par l’état actuel de la rivière Mutambala. Les activités d’exploitation de l’or à Mukera ont considérablement dégradé la qualité de l’eau. Aujourd’hui, les habitants de Mukera, Simbi, Malinde ainsi qu’une partie de la ville de Baraka sont contraints d’utiliser une eau devenue impropre à la consommation et aux usages ménagers », a déclaré Emedi Kahongo.
Cette situation suscite de vives inquiétudes au sein des communautés riveraines qui dépendent presque exclusivement de cette rivière pour leur approvisionnement en eau. La société civile craint notamment l’apparition de maladies hydriques et d’autres problèmes sanitaires liés à l’utilisation d’une eau contaminée.
Face à cette menace grandissante, les Forces Vives de Mutambala appellent les autorités provinciales et nationales à prendre des mesures urgentes afin de protéger les populations affectées. Elles demandent notamment la mise en place rapide de projets d’adduction d’eau potable dans les villages de Mukera, Simbi et Malinde, ainsi que dans les zones périphériques de la ville de Baraka touchées par cette dégradation environnementale.
La société civile insiste également sur la nécessité pour les services compétents de l’État, notamment ceux en charge de l’environnement, des mines et de la santé publique, de mener des enquêtes approfondies afin d’évaluer l’ampleur réelle des dégâts causés par l’exploitation minière et de faire respecter les normes environnementales en vigueur.
Cette alerte intervient dans un contexte particulier où plusieurs Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) ont déjà été délimitées dans le secteur de Mutambala. Or, selon les observateurs locaux, les impacts environnementaux constatés actuellement proviennent d’une seule zone où les activités minières ont effectivement commencé.
Cette réalité soulève de nombreuses interrogations au sein de la population.
Si une seule zone d’exploitation est déjà capable d’entraîner une dégradation aussi importante de la rivière Mutambala, quelles pourraient être les conséquences lorsque les autres ZEA entreront à leur tour en activité ?
Pour les acteurs de la société civile, il est indispensable d’anticiper ces risques afin d’éviter une catastrophe écologique et sanitaire de grande ampleur. Ils plaident pour l’instauration de mécanismes stricts de contrôle environnemental, l’obligation pour les exploitants miniers de respecter les normes de protection des cours d’eau ainsi que l’implication des communautés locales dans le suivi des activités minières.
En attendant des réponses concrètes des autorités, les habitants des villages de Mukera, Simbi et Malinde continuent de faire face à de sérieuses difficultés d’accès à une eau potable de qualité, une situation qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la santé publique et les conditions de vie de milliers de personnes dans le secteur de Mutambala.
Lubunga lavoix
