La situation humanitaire et sécuritaire demeure alarmante dans les Hauts et Moyens Plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu. La reprise des affrontements entre les différentes parties au conflit continue d’avoir de lourdes conséquences sur les populations civiles.
Dans un communiqué référencé 19/SICIV-FIZI/2026, la Société civile du Sud-Kivu, bureau de coordination du territoire de Fizi, déplore la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans plusieurs zones touchées par les violences.
La structure salue toutefois l’opérationnalisation du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu de la MONUSCO. Elle estime cependant que ce mécanisme montre ses limites face à la persistance de la crise, alors que les populations civiles continuent de subir les conséquences des affrontements, malgré les nombreuses alertes adressées aux autorités.
Selon la Société civile, la reprise des hostilités affecte notamment les populations de Kanguli, Nakihele, Kilumbi, Point Zéro, Rugezi, Minembwe et Mukoko.
Plusieurs activités socio-économiques et culturelles y seraient paralysées en raison des bombardements et des affrontements. La structure fait notamment état de difficultés liées à la rentrée scolaire dans certaines localités, de la suspension de certaines assistances humanitaires en raison de l’insécurité, ainsi que de l’interruption des activités médicales.
Elle évoque également d’importants déplacements de populations. 41 952 personnes déplacées, soit 8 618 ménages, vivraient dans des conditions qualifiées d’extrême vulnérabilité, avec un accès limité, voire inexistant, à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé primaires et aux moyens de communication.
La Société civile du territoire de Fizi considère que la communauté internationale et ses partenaires sont témoins des violations des droits humains et du droit international humanitaire commises dans le territoire. Elle estime que les populations civiles devraient bénéficier d’une protection internationale conformément aux principes consacrés par la Charte des Nations unies.
La Société civile demande également à la Commission des droits de l’homme des Nations unies de se saisir des violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire commises dans le territoire de Fizi, afin de contribuer à la constitution d’une base de données sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.
Enfin, la Société civile du territoire de Fizi condamne ce qu’elle qualifie d’inaction de la communauté internationale ainsi que l’inefficacité du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu dans la crise qui sévit dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans le territoire de Fizi.
Elle appelle toutes les parties prenantes au conflit à respecter les différents instruments juridiques et engagements déjà signés dans le cadre de la recherche de solutions pacifiques aux conflits qui persistent dans l’Est de la République démocratique du Congo.
La rédaction
