Les habitants du village de Lubuchako, situé à environ 12 kilomètres de Misisi, dans le groupement des Babungwe Sud, secteur de Ngandja, territoire de Fizi au Sud-Kivu, dénoncent une recrudescence d’actes d’abus et d’intimidation qui seraient commis par certains éléments Wazalendo opérant dans cette localité.
Selon plusieurs témoignages recueillis par FiziNews24 auprès des résidents de la zone, la situation sécuritaire et sociale devient de plus en plus préoccupante.
Les habitants affirment être victimes d’arrestations arbitraires, de détentions illégales, de confiscations de téléphones portables ainsi que d’autres formes de mauvais traitements qui sèment la peur au sein de la communauté.
D’après les informations fournies par une source locale ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, des patrouilles nocturnes seraient organisées quotidiennement à partir de 21 heures. Toute personne rencontrée sur le passage de ces groupes armés serait systématiquement interpellée puis conduite dans un lieu de détention non officiel.
« Nous vivons dans une grande souffrance ici à Lubuchako. Les Wazalendo effectuent des patrouilles dès 21 heures et arrêtent presque toutes les personnes qu’ils croisent.Les personnes arrêtées sont détenues dans une prison informelle, soumises à des coups de fouet et contraintes de payer des sommes dépassant parfois 100 000 francs congolais pour obtenir leur libération », a confié un habitant du village à FiziNews24.
La même source indique que ce lieu de détention serait installé dans la résidence d’un commandant local connu sous le nom de « Mzee Shushu », présenté comme responsable d’un groupe d’anciens combattants. Les habitants l’accusent d’autoriser ou de superviser ces pratiques dénoncées comme contraires aux droits fondamentaux des citoyens.
Face à cette situation, de nombreux habitants disent vivre dans une peur permanente. La majorité de la population locale, composée notamment de creuseurs artisanaux et de petits commerçants, affirme ne plus exercer librement ses activités quotidiennes par crainte d’être arrêtée ou soumise à des sanctions arbitraires.
Plusieurs voix s’élèvent ainsi pour demander l’intervention urgente des autorités administratives, sécuritaires et judiciaires afin de mettre fin à ces abus présumés. Les habitants craignent que la situation ne dégénère davantage si aucune mesure n’est prise dans les meilleurs délais.
« Nous demandons aux autorités compétentes de s’impliquer avant que l’irréparable ne se produise. La population est fatiguée et vit dans l’angoisse. Nous avons besoin de protection et du respect de nos droits », a déclaré un autre résident.
Les témoignages recueillis indiquent également que les services de la Police nationale congolaise (PNC) ne disposeraient plus d’une marge de manœuvre suffisante dans le village, plusieurs questions liées à la sécurité étant désormais gérées de facto par les groupes Wazalendo présents sur place.
« Aujourd’hui, la police ne semble plus exercer pleinement ses prérogatives à Lubuchako.Les décisions sécuritaires sont prises par les Wazalendo, ce qui crée une confusion dans l’application de la loi et alimente les inquiétudes de la population », a expliqué un habitant ayant également demandé à ne pas être identifié.
Contactés par FiziNews24 pour obtenir leur version des faits, les responsables locaux des Wazalendo n’ont pas pu être joints avant la publication de cet article. Les démarches entreprises par notre rédaction pour recueillir leurs réactions sont restées sans suite.
La rédaction de FiziNews24 reste ouverte à toute mise au point ou réaction des personnes et structures citées dans ce reportage, conformément aux principes d’équilibre et de professionnalisme journalistique.
Lubunga lavoix
