La situation sécuritaire continue de se détériorer dans la ville de Baraka où les cas d’agressions contre les civils deviennent de plus en plus fréquents.
Cette fois-ci, ce sont deux professionnels des médias qui ont été victimes d’une attaque armée dans la soirée du vendredi 8 mai 2026.
Selon les informations livrées par la Coordination du Réseau des Journalistes de Fizi (REJFI), deux journalistes de la Radio Sauti ya Mwanamke, une station émettant depuis la ville de Baraka, ont été agressés aux environs de 19h40 alors qu’ils quittaient leur lieu de travail pour regagner leurs domiciles respectifs.
Les victimes sont les journalistes DELPHIN A’OCI et MALEKANI MBEMBE.
D’après le coordinateur du REJFI, Jonas Seba, les deux professionnels des médias ont été interceptés par deux éléments armés identifiés comme des Wazalendo. Ces derniers auraient pointé leurs armes en direction des journalistes, menaçant de les abattre à bout portant avant de procéder au vol de plusieurs biens de valeur.
Au cours de cette agression, les assaillants ont réussi à emporter deux téléphones portables appartenant au journaliste MALEKANI MBEMBE.
Les victimes ont également subi un important traumatisme psychologique après avoir été confrontées à ces hommes armés dans des circonstances particulièrement violentes et inquiétantes.
Face à cette situation, la Coordination du Réseau des Journalistes de Fizi (REJFI) condamne avec la plus grande fermeté cet acte qualifié d’ignoble et d’inacceptable contre des professionnels des médias qui exercent leur métier au service de la population malgré le contexte sécuritaire précaire qui prévaut actuellement dans la région.
Le REJFI rappelle que les journalistes ne doivent en aucun cas être pris pour cible, intimidés ou agressés dans l’exercice de leur profession.
L’organisation estime que ces actes constituent une grave atteinte à la liberté de la presse ainsi qu’au droit du public à une information libre et indépendante.
Dans son message, le réseau interpelle les autorités politico-administratives, militaires et policières ayant la sécurité dans leurs attributions afin qu’elles prennent des mesures urgentes pour garantir la protection des journalistes et de l’ensemble des acteurs des médias dans la ville de Baraka et sur toute l’étendue du territoire de Fizi.
Le REJFI appelle également à l’ouverture d’enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de cette attaque et de les traduire devant les juridictions compétentes.
Il demande par ailleurs aux différentes forces de sécurité présentes dans la région de renforcer les mécanismes de protection des civils alors que la ville de Baraka fait face depuis plusieurs semaines à une montée inquiétante de l’insécurité.
Cette nouvelle agression vient s’ajouter à une série d’incidents sécuritaires signalés ces derniers temps dans plusieurs coins du Sud-Kivu, où les journalistes travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, souvent exposés aux menaces, intimidations et violences liées au contexte sécuritaire instable.
Les défenseurs de la liberté de la presse estiment qu’il est urgent que les autorités prennent des dispositions concrètes pour protéger les journalistes, considérés comme des acteurs essentiels dans la promotion de la démocratie, de la paix et de la cohésion sociale au sein des communautés locales.
La rédaction
