Au cours de l’année écoulée, la situation des enfants déplacés internes dans les zones minières du Sud-Kivu s’est considérablement détériorée.
Selon des données recueillies par la FEJVN ASBL, environ 152 enfants, dont 82 filles et 70 garçons âgés de 13 à 15 ans, ont été victimes de multiples violations de leurs droits fondamentaux dans les carrés miniers.
Ces enfants, déjà fragilisés par le déplacement forcé causé par l’insécurité persistante, sont contraints de travailler dans des conditions extrêmement pénibles et inadaptées à leur âge.
La majorité d’entre eux sont exploités comme main-d’œuvre bon marché par des commerçants, qui les utilisent notamment pour transporter de lourdes charges, creuser ou effectuer d’autres travaux physiques dangereux.
Cette exploitation constitue une violation flagrante des droits de l’enfant et des normes nationales et internationales en matière de protection de l’enfance.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation alarmante. D’une part, la fermeture de nombreuses écoles dans les zones touchées par les conflits armés prive ces enfants de leur droit fondamental à l’éducation.
Certaines infrastructures scolaires ont été détruites ou occupées à la suite des attaques liées à la guerre, rendant impossible la poursuite de la scolarité pour de nombreux élèves.
D’autre part, la précarité économique des familles déplacées, qui ont perdu leurs moyens de subsistance, pousse les parents à recourir au travail des enfants comme stratégie de survie.
Cette crise a également des conséquences sociales particulièrement préoccupantes, notamment pour les filles.
Plusieurs adolescentes se retrouvent exposées à des risques accrus d’exploitation sexuelle, entraînant des grossesses précoces. D’autres sont contraintes d’entrer dans des mariages précoces, souvent perçus par leurs familles comme une solution face à la pauvreté, mais qui compromettent gravement leur avenir, leur santé et leur développement.
Face à cette réalité, la FEJVN ASBL condamne fermement ces pratiques et tire la sonnette d’alarme.
L’organisation appelle les autorités compétentes, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’enfant, ainsi que les partenaires humanitaires, à intervenir de toute urgence.
Elle recommande notamment le renforcement des actions de sensibilisation auprès des communautés sur les droits humains, en particulier ceux de l’enfant, la réouverture et la sécurisation des écoles, ainsi que la mise en place de programmes de soutien économique pour les familles vulnérables.
La protection de l’enfance doit être placée au cœur des priorités dans les zones affectées par les conflits.
La FEJVN ASBL insiste enfin sur la nécessité d’une mobilisation collective afin de mettre fin à l’exploitation des enfants dans les sites miniers et de garantir un avenir digne à cette génération déjà durement éprouvée par la guerre.
