La société civile forces vives noyau du secteur de Mutambala, dans le territoire de Fizi, est montée au créneau pour réagir aux récentes décisions des chefs coutumiers locales, communiquées par le vice-président des chefs de villages à travers des messages audio relayés sur les réseaux sociaux.
Lors d’une réunion tenue la fois dernière 2025 à Fizi-Centre, sous la supervision de M. Etùba Alonda John, chef du village d’Aké et chef des chefs de villages, plusieurs résolutions ont été prises. Ces décisions prises issue lors d’une réunion des chefs coutumiers visent, selon les chefs coutumiers, à soutenir les conclusions d’une réunion précédente présidée par Sa Majesté le Mwami Elenda Mwenebatu III, chef coutumier du groupement de Babungwe Sud, agissant en qualité de représentant de l’association des chefs coutumiers (ANACET).

Parmi les décisions figurent la suppression de certaines barrières illégales, tout en maintenant celles qui seront désormais gérées directement par les chefs coutumiers, avec collecte de fonds et distribution de jetons, censées encadrer les pratiques de perception abusive sur les routes. Ils ont également condamné la prolifération de nouveaux groupes armés, appelant au maintien des groupes armés déjà existants et identifiés.
Cependant, la société civile noyau du secteur de Mutambala rejette fermement ces décisions. Elle dénonce une tentative claire de légitimer les tracasseries administratives à l’encontre de la population. Pour elle, permettre aux chefs coutumiers de gérer leurs propres barrières revient à institutionnaliser les pratiques illégales de taxation arbitraire, sans base légale.
Contacté par la rédaction de Fizinews24.info, Emedi Kahongo Bien-aimé, président de la société civile secteur de Mutambala s’indigne et condamne ces décisions prises :
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette décision qui, à nos yeux, ne vise qu’à tracasser davantage une population déjà éprouvée. Ce genre de mesure ne peut en aucun cas être toléré », a-t-il déclaré.
La société civile critique également le fait que la population, principale concernée, n’ait pas été associée ni consultée lors de cette réunion. Elle y voit un conflit d’intérêts manifeste et appelle les habitants du secteur de Mutambala à ne pas appliquer ni reconnaître les décisions issues de cette rencontre.

Dans le prolongement de cette opposition, la société civile prévoit d’organiser prochainement une marche pacifique pour rappeler aux chefs coutumiers leur véritable rôle : être des garants de la cohésion et non des agents de troubles et d’abus.
Par ailleurs, elle rapporte qu’à Mweyenga, un officier du nom d’Ilanga Isombelo aurait ordonné l’arrestation de civils par des militaires pour non-paiement de frais liés à l’« effort de guerre ». Un acte que la société civile condamne avec vigueur, en interpellant l’administrateur du territoire de Fizi afin qu’il mette fin à ces dérives, et que les autorités coutumières empruntent la voie de la paix et non celle de la violence.
Salumu Msafiri Modeste
