Le caucus des députés nationaux élus du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, se dit profondément indigné après l’attaque menée dans la nuit du 18 au 19 août 2026 contre l’hôtel Mwalu, situé à Fizi-Centre, chef-lieu du territoire.
Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa, les élus de Fizi attribuent cette attaque à une coalition qu’ils identifient comme étant composée du RDF/AFC-M23/Twirwaneho. Selon eux, cette attaque, menée à l’aide d’un drone, a fait trois civils blessés et causé d’importants dégâts matériels, notamment la destruction de l’infrastructure hôtelière.
Les députés estiment que cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents similaires ayant déjà touché plusieurs zones du territoire de Fizi et la ville de Baraka.
Ils citent notamment les incidents survenus le 19 avril à Mulima et Point Zéro, ainsi que celui de la nuit du 18 juillet 2026 à Baraka, qui auraient occasionné des pertes en vies humaines et plusieurs blessés.
Le caucus dénonce ce qu’il considère comme le ciblage délibéré des zones densément peuplées. Les députés affirment que les sites concernés, notamment Fizi-Centre, Mulima, Point Zéro et Baraka, ne présentaient, selon eux, aucune menace militaire.
Ils estiment que l’attaque contre des infrastructures civiles et des populations constitue une violation grave du droit international humanitaire et demandent que les responsabilités soient établies.
Au-delà des pertes humaines et des dégâts matériels, les députés dénoncent également ce qu’ils décrivent comme une destruction progressive de l’économie locale.
Selon eux, les attaques visant des investissements privés risquent d’affaiblir davantage les activités économiques et la capacité de résilience des communautés locales.
Le caucus critique également la communication de la milice Twirwaneho, qu’il accuse de chercher à se présenter comme victime tout en étant, selon les députés, impliquée dans des violences contre les civils. Ces accusations relèvent de la position exprimée par les signataires de la déclaration.
Face à cette situation, les députés nationaux de Fizi demandent notamment :
– l’envoi immédiat d’une mission d’enquête indépendante, au niveau national et, si nécessaire, avec l’implication des Nations unies et de la Cour pénale internationale (CPI), afin de documenter les faits et d’établir les responsabilités ;
– la prise en charge médicale et matérielle des victimes, ainsi que l’indemnisation des personnes ayant subi des pertes économiques ;
– la poursuite et la condamnation des responsables et de leurs éventuels commanditaires.
La déclaration est signée par Hon. Prof. Nyamangyoku Ishibwela Obedi, Hon. Basoshi Iubwe Théophile, Hon. Tchakubuta Mfahume TH et Hon. Msenyibwa Apele Janvier, au nom du caucus des députés nationaux de Fizi.
Lubunga lavoix
