La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a commémoré ce samedi 2 août 2025 les massacres et le génocide congolais, notamment celui de Kakungwe à Uvira. La cérémonie s’est tenue en face de la mosquée Mulongwe, au domicile de Kanefu, lieu même où ces atrocités furent perpétrées en 1998.
À cette occasion le directeur de cabinet adjoint du Gouverneur du Sud-Kivu (DIRECABA) et député provincial élu du territoire de Fizi, Maître Albert Labani Msambya, a salué l’initiative prise par le gouvernement provincial pour rendre hommage aux victimes de ces tueries.
Contacté par la rédaction de Fizinews24.info, Me Albert Labani Msambya a décrit le déroulement de cette journée mémorable en ces terme
« Placée sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Jean-Jacques Purusi Sadiki, Gouverneur de la province du Sud-Kivu, la commémoration a été organisée par le gouvernement provincial en collaboration avec la mairie d’Uvira. La cérémonie a été présidée par le maire intérimaire de la ville, M. Kifara Kapenda Kik’y. »
La commémoration a débuté à 9h et s’est achevée à 12h20. Après l’hymne national, le maire intérimaire a prononcé le mot de bienvenue, suivi des allocutions de la présidente de la coordination de la société civile urbaine et provinciale. Le programme a aussi comporté un dépôt de gerbes de fleurs par le président de l’Assemblée provinciale et le Gouverneur.
De nombreuses autorités ont marqué leur présence, notamment des députés provinciaux, des membres du gouvernement provincial, le Conseil provincial de sécurité, le maire adjoint d’Uvira ainsi que des représentants de la société civile dans toute sa diversité.
Des témoignages poignants ont été livrés par des survivants et proches des victimes des massacres de Kakungwe, Kiliba et Mutarule, rappelant l’ampleur des souffrances infligées à la population locale.
Lors de son allocution, le Gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki a lancé un message fort en faveur de la justice :

« Que justice soit faite et que les victimes soient prises en charge par le gouvernement congolais. Nous appelons les ONG de défense des droits humains à s’engager pour que les criminels soient traduits en justice et condamnés conformément à la loi. »
Pour mémoire, le massacre de Kakungwe s’est déroulé en 1998, dans un contexte d’insécurité généralisée sous le régime du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma). Plus de 300 personnes y auraient été tuées, sur ordre présumé de l’administrateur Bazile Rushebana, et des commandants Stanis et Shetani.
Enfin, Me Albert Labani Msambya a appelé à la condamnation ferme de tous les massacres, qu’ils soient de nature criminelle ou à caractère génocidaire, perpétrés par des groupes armés sans objectifs définis. Il a exhorté les organisations de défense des droits humains à intervenir pour que les auteurs de ces crimes soient poursuivis et sanctionnés selon les lois et conventions internationales en matière de droits de l’homme.
Salumu Msafiri Modeste
