Les organisations de la société civile de la ville de Baraka et leurs différentes composantes dénoncent l’occupation de plusieurs de leurs bureaux par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à la suite d’une décision attribuée au ministre provincial de l’Intérieur du Sud-Kivu.
Dans un communiqué rendu public le 7 août 2026, les organisations de la société civile affirment que plusieurs bureaux appartenant à la société civile, à la Fédération des entreprises du Congo (FEC), aux organisations des transporteurs, ainsi qu’à certaines radios locales, seraient actuellement occupés ou placés sous surveillance par des militaires lourdement armés.
Selon ces organisations, cette situation serait consécutive à leur refus de se soumettre au paiement forcé, communément appelé « bouclage », de certains documents de bord et taxes d’intérêt provincial. Elles estiment que cette opération est inadaptée au regard de la situation sécuritaire et socio-économique qui prévaut actuellement dans la ville de Baraka et dans le territoire de Fizi.
Dans leur communiqué, les organisations de la société civile réitèrent également plusieurs revendications, notamment la nécessité de faire toute la lumière sur les événements survenus lors de la manifestation civile organisée le 31 juillet 2026 devant les installations de la DPMER-Baraka.
Elles demandent notamment l’organisation d’une audience foraine afin que les personnes armées interpellées par la Police militaire et les FARDC, et soupçonnées d’avoir ouvert le feu sur les manifestants, puissent répondre des faits qui leur sont reprochés.
Les organisations de la société civile affirment que ces tirs auraient fait plusieurs victimes, notamment des blessés et des morts parmi les conducteurs de motos.
Les sociétés civiles réclament par ailleurs des explications sur la destination des fonds collectés lors de l’opération de « bouclage » menée en décembre 2025.
Elles rappellent qu’un consensus aurait été trouvé à l’époque entre le gouvernement provincial et les organisations de la société civile afin qu’une partie de ces recettes puisse contribuer au financement de la réhabilitation de certaines infrastructures de base dans le territoire de Fizi et dans la ville de Baraka.
Cependant, les organisations affirment qu’à ce jour, aucune réalisation concrète correspondant à ces engagements n’est visible sur le terrain, ce qui soulève, selon elles, des interrogations sur la gestion et l’affectation de ces fonds.
Face à cette situation, les sociétés civiles de Baraka maintiennent leur position et réaffirment leur refus de tout paiement qu’elles considèrent comme forcé ou imposé dans les conditions actuelles.
Elles appellent les autorités provinciales à privilégier le dialogue avec les forces vives de la ville, à garantir la liberté d’expression et d’organisation, ainsi qu’à apporter des réponses aux différentes préoccupations soulevées par la population.
Les organisations de la société civile disent également attendre des autorités des éclaircissements sur l’occupation de leurs bureaux par des militaires et sur les mesures prises à l’encontre des structures qui contestent le système de taxation actuellement appliqué à Baraka et dans le territoire de Fizi.
La rédaction
