Interrogé par ses partisans à Bruxelles au sujet de la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) par des membres de la communauté Banyamulenge, l’opposant congolais Martin Fayulu a réaffirmé sa position sur la question de l’identité et de l’appartenance aux terres du Sud-Kivu.
Selon lui, la nationalité congolaise peut être acquise légalement à titre individuel, mais l’appartenance historique et ancestrale aux terres du Sud-Kivu relève, à ses yeux, des populations qu’il considère comme autochtones, notamment les Bafuliru.
« Si vous dites que vous êtes Congolais, mais d’origine rwandaise parce que vous êtes venus et que vous avez obtenu la nationalité congolaise, où est le problème ? », a déclaré Martin Fayulu.
L’opposant a également contesté toute volonté de modifier, selon lui, la réalité ethnique du Congo, notamment autour de la question du Kinyarwanda.
« Regardez les tribus du Congo, il n’y a pas une tribu comme ça. Il n’y a pas une tribu au Congo qui parle le kinyarwanda. Ça, vous pouvez me couper le cou comme vous voulez, je le dirai ! », a-t-il affirmé.
Réagissant par ailleurs aux accusations visant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Minembwe, Martin Fayulu a pris la défense de l’armée nationale, rappelant que celle-ci est engagée dans des combats contre l’AFC/M23 dans l’Est du pays.
Il a rejeté l’idée de faire abstraction, dans les débats sur les violences en RDC, des nombreuses victimes congolaises attribuées aux conflits armés qui ravagent l’Est du pays.
« Les FARDC sont en guerre. Combien de Congolais sont morts pendant que le M23, l’AFC… sont en train de massacrer les Congolais ? Les 10 millions de Congolais ? Le génocide des Congolais dont nous parlons quand nous parlons de “Genocost” ? Est-ce qu’on parle de ça ? », a-t-il déclaré.
Concluant son intervention, Martin Fayulu a insisté sur son engagement en faveur des intérêts nationaux : « Moi, je suis Congolais. Je défends les intérêts de qui ? Des Congolais. »
Lav OMBO
Ces déclarations interviennent alors que la question de l’identité, de la nationalité et des violences dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu demeure au cœur des tensions politiques et sécuritaires dans l’Est de la RDC.
