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Sud-kivu : médias sous pression à Fizi , informer la population devient de plus en plus difficile

Par Red.fizinews
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Informer la population devient un véritable défi pour les journalistes et les médias communautaires du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu,à l’est dela République démocratique du Congo.

Depuis plus de six semaines, les communications téléphoniques sont fortement perturbées dans plusieurs zones du territoire. Selon des sources locales, les principaux réseaux de téléphonie mobile utilisés par la population ont été coupés dans le cadre des mesures sécuritaires mises en œuvre par les autorités militaires.

Des sources locales rapportent également la saisie de certains équipements de connexion à Internet utilisés notamment par des médias communautaires, ce qui complique davantage le travail des professionnels de l’information.

Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la République démocratique du Congo, où les journalistes sont déjà confrontés à de nombreux risques dans l’exercice de leur profession. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a notamment fait état de menaces visant des journalistes dans l’est du pays, y compris dans le territoire de Fizi.

Quand les sources deviennent injoignables

Pour un journaliste, le téléphone et les moyens de communication constituent des outils essentiels de travail.

Lorsqu’un incident survient dans une localité éloignée, le correspondant doit pouvoir contacter sa rédaction et transmettre rapidement les informations recueillies. De leur côté, les journalistes doivent pouvoir joindre plusieurs sources afin de recouper les témoignages et de vérifier les faits avant toute diffusion.

Mais lorsque les réseaux de communication sont interrompus, cette chaîne de collecte et de vérification de l’information se trouve fortement fragilisée.

Un journaliste peut recevoir une information sans être en mesure de la vérifier. Un correspondant peut être témoin d’un événement sans pouvoir transmettre immédiatement son reportage à sa rédaction.

Les émissions interactives sont également affectées. Les auditeurs éprouvent des difficultés à joindre les studios pour poser leurs questions, partager leurs témoignages ou réagir aux sujets diffusés.

La société civile également touchée

Les restrictions qui pèseraient sur la participation de certains acteurs de la société civile aux émissions médiatiques suscitent également des préoccupations parmi les professionnels de l’information.

Une radio communautaire constitue pourtant un espace de dialogue permettant aux différentes composantes de la société de présenter leurs points de vue, dans le respect des règles professionnelles, du droit de réponse et des impératifs de sécurité.

La limitation de la participation de certaines catégories d’acteurs aux débats médiatiques risque de réduire le pluralisme de l’information et de priver les auditeurs de points de vue nécessaires à une meilleure compréhension de la situation.

Une population privée de plusieurs sources d’information

Dans les zones rurales, la radio demeure l’un des principaux moyens d’accès à l’information.

Mais une radio ne peut fonctionner efficacement dans l’isolement. Elle dépend de ses correspondants, de ses sources, des témoins, des experts et de ses auditeurs.

Lorsque les communications sont interrompues, c’est l’ensemble de cette chaîne qui se trouve fragilisé.

Le problème ne concerne donc pas uniquement les journalistes et les médias. Il touche directement la population.

Dans un contexte de crise sécuritaire, l’absence d’informations fiables et vérifiées peut favoriser la circulation des rumeurs, des fausses alertes et de la désinformation.

Quel avenir pour l’information à Fizi ?

Face à cette situation, les professionnels des médias appellent à une réflexion urgente sur les conséquences de la perturbation prolongée des communications dans le territoire de Fizi.

Ils plaident pour que les impératifs sécuritaires soient conciliés avec le respect des droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression et la liberté de la presse.
Pour les médias communautaires, rétablir des conditions normales de communication permettrait non seulement aux journalistes de mieux exercer leur métier, mais aussi à la population d’accéder à une information fiable, vérifiée et pluraliste.
Dans un contexte marqué par l’insécurité, l’accès à une information crédible constitue également un moyen essentiel de lutter contre les rumeurs et de préserver la cohésion sociale.

 

La rédaction

 

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